PROJET DE RECHERCHE SUR LE GFE

UNB Faculte de foresterie et de gestion de l'environnement

DIRECTIVES D'AMÉNAGEMENT FORESTIER POUR LA PROTECTION DE LA BIODIVERSITÉ


POINTS A CONSIDERER A L'ECHELLE DU PAYSAGE


Zones tampons en bordure des cours d'eau



La qualité de l'eau et la conservation des habitats devraient être assurées au moyen de lignes directrices sur les zones riveraines
(Photo: G. Forbes)
On sait depuis longtemps que les activités d'exploitation forestière peuvent avoir un impact qualitatif et quantitatif appréciable sur les écosystèmes d'eau douce. En effet, selon leur ampleur et leur proximité, les travaux réalisés aux environs d'un cours d'eau peuvent modifier la quantité de débris ligneux grossiers, la température de l'eau, le degré d'envasement, la disponibilité des éléments nutritifs et les paramètres hydrologiques du cours d'eau. On a également démontré que ces facteurs abiotiques influent à leur tour sur l'abondance et les fonctions des poissons, des amphibiens, des invertébrés et des végétaux (voir le survol de O'Laughlin et Belt, 1995). Pour répondre à ces préoccupations, les aménagistes ont appliqué une série de lignes directrices en matière de zones tampons, lesquelles lignes directrices limitent l'intensité et la nature des travaux de coupe pouvant être effectués à l'intérieur d'une distance donnée de part et d'autre des cours d'eau. Les recommandations suivantes comprennent d'une part certains éléments des lignes directrices en vigueur dans l'ensemble du Nouveau-Brunswick et d'autre part des mesures additionnelles visant en particulier l'écosystème de la grande région de Fundy.


Lignes directrices actuelles en matière de zones tampons

Les lignes directrices en matière de zones tampons sont généralement motivées par l'utilité de ces zones comme :

1. filtres - la bande de végétation riveraine peut absorber les éléments nutritifs avant qu'ils n'arrivent au cours d'eau;
2. abris - le couvert doit être assez dense pour que la température de l'eau ne s'élève pas au delà de la tolérance des espèces de poissons exigeant une eau fraîche;
3. stabilisateurs - la végétation peut empêcher l'érosion des versants escarpés et l'envasement du cours d'eau;
4. sources de débris ligneux grossiers.


La création d'un réseau de zones tampons à végétation peu exploitée et relativement mûre est également utile à l'échelle du paysage, car ces zones constituent des corridors permettant aux espèces sauvages de se déplacer. Au Nouveau-Brunswick, les lignes directrices en matière de zones tampons sont contenues dans les Watercourse Buffer Zone Guidelines for Crown Land Forestry Activities (DNRE, 1996) et dans la Loi sur l'assainissement de l'eau. Cette loi prescrit une zone tampon d'au moins 30 m pour tous les cours d'eau. Dans les petits bassins versants (moins de 600 ha) situés sur des terres de la Couronne, des exceptions peuvent être autorisées par le ministère des Ressources naturelles et de l'Énergie.

Le Groupe de recherche sur le GFE appuie la mise en œuvre des lignes directrices s'appliquant aux terres de la Couronne. Ces ensembles de règles sont axés sur des objectifs en matière d'identification des cours d'eau, de production de cartes et de rapports, d'activités forestières à l'intérieur des zones et de situations particulières nécessitant également des zones tampons : chemins servant aux activités de plein air, aires de mise bas de l'orignal, chicots, corridors pour les espèces sauvages et aires de nidification de la sauvagine. Le texte qui suit et le tableau 6 résument les lignes directrices qui nous paraissent le plus étroitement reliées à la gestion des écosystèmes.

Identification

On appelle cours d'eau tout élément servant au drainage naturel et présentant un plan d'eau visible. En termes de végétation, la bordure d'un cours d'eau s'étend jusqu'aux zones d'aulnes ou de saules, et non seulement jusqu'aux éricacées arbustives et aux graminées


Activités permises dans les zones tampons

À l'intérieur des zones tampons, les coupes de jardinage suivant une prescription d'exploitation sont permises dans les bassins versants de moins de 600 ha, et un permis est exigé pour les secteurs de plus de 600 ha. Un prélèvement maximal équivalant à 30 % de la surface terrière marchande peut être effectué tous les dix ans. De plus, la station devra conserver une surface terrière supérieure à 18 m2/ha, une fermeture du couvert supérieure à 50 % et une hauteur du couvert supérieure à 10 m. On recommande en outre un prélèvement maximal de 30 % des arbres morts ou en train de mourir, par période de dix ans, dans la bande de 15 m bordant tout cours d'eau de largeur supérieure à 15 m. Les travaux de coupe ne doivent créer aucune ouverture de diamètre supérieur à 10 m. Les cimes et les rémanents doivent être gardés hors de l'eau.

Pratiques d'aménagement optimales:

Le Groupe de recherche sur le GFE appuie l'orientation et la teneur de ces lignes directrices révisées, qui tiennent compte de l'importance d'un fonctionnement naturel des milieux aquatiques et sont fondées à la fois sur des recherches empiriques et sur les lignes directrices établies par les aménagistes dans tous les coins de l'Amérique du Nord.

Nous recommandons que les points suivants soient ajoutés aux lignes directrices provinciales :

1. Il faut s'efforcer de choisir une gamme de classes d'âge garantissant la conservation des arbres de grande taille dans les zones tampons

2. Les débris ligneux sont une composante essentielle de la diversité des milieux riverains. L'élimination de ces débris a des effets nuisibles sur l'abondance des poissons, et on peut augmenter cette abondance en restituant des débris ligneux à l'écosystème. Pour que l'approvisionnement en tels débris soit continu, il faut que la végétation riveraine renferme un nombre suffisant de grands arbres mûrs dans le voisinage immédiat du cours d'eau. Pour atteindre cet objectif, il est recommandé de n'effectuer aucune coupe dans la bande de 5 m longeant tout cours d'eau.

3. La pente raide des vallées fluviales de la FMF soulève des préoccupations supplémentaires quant à la qualité des eaux de la région. Les versants élevés bordant les rivières Point Wolfe, Goose et Big Salmon, par exemple, s'étendent souvent jusqu'à plusieurs centaines de mètres des rives, soit bien au delà de la zone tampon minimale de 60 m recommandée pour les pentes raides. Dans certains secteurs, de petits plateaux sont présents à mi-pente. Par ailleurs, les versants escarpés sont considérés comme non exploitables, en raison des coûts et des techniques actuelles de coupe. Nous estimons que ces milieux présentent des conditions uniques et fragiles qui méritent d'être mentionnées explicitement dans les lignes directrices concernant les zones tampons. Une règle générale consisterait à conserver l'exigence actuelle des 60 m mais de mesurer cette distance à partir du sommet des versants (là où la pente devient inférieure à 20 %), plutôt qu'à partir des rives. Les activités forestières seraient ainsi soumises aux lignes directrices s'appliquant aux zones tampons de 60 m, sauf qu'aucune exploitation ne serait permise dans les 5 m bordant les cours d'eau.







 

 

Directives pour:
Taille des îlots
Connectivité
Âge des peuplements – Dispositions concernant la composante mûre de la forêt
Intégration de la maturité aux calendriers d'exploitation
Plantations
Conversion des peuplements
Chemins
Aires protégées
Zones tampons en bordure des cours d'eau


Considérations sur l’habitat d’espèces particulières
Essences à statut particulier
Débris ligneux grossiers
Conservation des chicots et des arbres à cavités


TABLE DES MATIÈRES

 

 

 


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Information provided by:
Dr. Graham Forbes
Faculty of Forestry and Environmental Management at UNB
Last Update: Dec 17, 1997
This document: http://www.unb.ca/web/forestry/centers/cwru/fwater.htm