POINTS A CONSIDERER A L'ECHELLE DU PAYSAGE
Intégration de la maturité aux calendriers d'exploitation
Les estimations qui précèdent correspondent au début de que nous appellerons la plage de maturité. Comment définirons-nous cependant la fin de cette plage? La Classification écologique du territoire du Nouveau-Brunswick, fondée sur des caractéristiques durables (climat, géologie, sols), permet à l'aménagiste de déterminer quelles espèces d'arbres conviennent le mieux à telles ou telles conditions de croissance. Ces caractéristiques durables fournissent en outre un indice de la superficie relative des divers types forestiers dans chaque écodistrict. L'état de certaines espèces et de certaines communautés forestières a été altéré par les activités humaines, notamment dans les régions agricoles. Cependant, en choisissant une grande échelle et en extrapolant à partir d'autres stations, nous pouvons utiliser l'abondance actuelle de chaque type forestier pour en déterminer la composition et, en cas d'exploitation, la superficie à conserver dans un paysage donné. Ces estimations tendent à n'avoir qu'une portée générale; c'est notamment le cas des estimations fondées sur la situation passée, en ce qui concerne les communautés non forestières dominées par l'agriculture. En effet, de vastes secteurs de la région qui avaient été défrichés pour l'agriculture sont aujourd'hui réoccupés par des communautés naturelles; il s'agit encore le plus souvent d'associations végétales caractéristiques des premiers stades de la succession.
La stratification des types forestiers n'étant pas encore terminée, les strates qui seront finalement retenues pourraient être différentes de celles figurant sur la présente liste. Nous travaillons encore à déterminer l'abondance passée de ces strates, car de vastes parties des écodistricts à l'étude renferment actuellement des proportions appréciables de types forestiers qui ne sont pas typiques de ces écodistricts. Par exemple, la proportion de pinèdes grises et de peuplements mixtes d'épinette blanche et feuillus intolérants dans certains secteurs résulte de perturbations dues aux humains et non à des processus naturels. Il nous faut donc répartir ces secteurs (et ceux qui sont en cours de régénération) selon les divers types forestiers caractéristiques de chaque écodistrict, afin de pouvoir estimer la proportion de chaque type forestier mûr. L'abondance passée (vers le moment de l'arrivée des Européens) de chaque type doit être déduite des caractéristiques durables (climat, géologie et sols) de chaque écodistrict. Là où l'altitude influe sur le type forestier, les strates de milieu aménagé peuvent être assignées aux strates voulues de peuplement naturel en fonction de la plage d'altitude occupée par celles ci. Lorsque ces estimations seront terminées, il sera possible d'élaborer des dispositions concernant la composante mûre de la forêt.
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Pruche du Canada, Parc national Fundy (Photo: G. Forbes)
En ce moment, en ce qui concerne le secteur à l'étude, notre tableau comprend à la fois les types forestiers dominants de l'écodistrict et les secteurs non encore assignés à un de ces types, qu'il s'agisse de plantations ou de peuplements éclaircis d'âge jeune à suranné ( PLAN ), de peuplements en régénération ( REGEN ) ou de divers types de communautés occupant de faibles superficies ( Other ). Par ailleurs, nous avons combiné certaines strates, car il est difficile de délimiter dans l'espace un trop grand nombre de types forestiers. Les types forestiers dont il faut conserver au moins une partie à l'état mûr sont donc les suivants :
Peuplement de conifères (RS, BS, RSBF, BSRS, BSJP et autres combinaisons)
Cédrière (EC)
Pinède (JP, WPRP et autres combinaisons dominées par des pins)
Peuplement mixte (RMMIX, POSP, RSSM et autres combinaisons de forêt mixte)
Peuplement de feuillus tolérants (SMYB et SMBE)
Peuplement de feuillus intolérants (RM et autres combinaisons de PO et WB)
Les sigles entre parenthèses désignent les strates déjà retenues aux fins des modèles d'approvisionnement en bois et d'aménagement de la FMF.
Chacun des types forestiers devrait être préservé sur au moins 12 % de sa superficie (sauf dans le cas des communautés en régénération ou non forestières). Nous avons fixé ce minimum en tenant pour acquis que, sous un régime durable de perturbation par peuplements entiers à cycle de 100 ans, environ 37 % de la forêt doit être composée de peuplements de plus de 100 ans.
L'idéal serait bien sûr d'aménager la forêt de manière à reproduire ce taux de 37 %, mais nous avons dû reconnaître que ce taux n'est pas réalisable, à cause de facteurs liés à l'approvisionnement en bois et en raison de l'importance que revêt l'industrie forestière pour l'économie du Nouveau-Brunswick. De plus, le maintien de la biodiversité n'exige pas la conservation de toute la forêt. Nous avons choisi le taux de 12 % (soit un tiers de 37 %) parce qu'il nous paraissait suffire au maintien de la biodiversité. Encore une fois, ce taux est fondé sur l'opinion générale d'un groupe de spécialistes.
Forêt surannée Les classes d'âge correspondant au déclin forment également des habitats importants, notamment pour les espèces exigeant de grandes quantités d'arbres vieux et pourrissants. Les champignons, les lichens, les coléoptères et les pics ont besoin d'une telle forêt extra vieille . Selon la courbe de répartition des classes d'âge dans un secteur à régime de perturbation dominé par le feu, on peut dire qu'environ 10 à 12 % du secteur serait occupé par les classes d'âge correspondant au déclin.
Pour des raisons analogues à celles invoquées dans le cas des arbres mûrs, nous recommandons que 4 % (un tiers de 12 %) de chaque type forestier soit conservé au stade du déclin.
Taille des îlots de forêt mûre ou surannée À l'échelle des écodistricts, la composante mûre ou surannée devrait toujours avoir une superficie supérieure à la taille minimale des îlots, qui se situe entre 375 et 500 ha. Nous avons donc estimé que la taille des îlots de forêt mûre doit être égale à cette taille minimale ou à 12 % de la superficie autrefois occupée par le type forestier.
Dans le cas des pinèdes touchées par le feu, nous avons choisi une gamme de tailles correspondant à la taille variable des îlots dans ces communautés. Selon les simulations de Methven et Kendrick (1995) sur la taille des îlots produits par le feu, il semble que ceux ci ont une superficie moyenne de 778 ha et atteignent parfois 111 000 ha. Les incendies sont de taille variable et produisent normalement un grand nombre de petits îlots ainsi qu'un petit nombre de grands îlots. Ainsi, environ 30 % des îlots ont une superficie inférieure à 50 ha, tandis qu'un autre 30 % ont une superficie supérieure à 1000 ha. Or, il n'est pas réaliste aujourd'hui de favoriser d'immenses superficies de pinède mûre, même si de telles superficies peuvent se former naturellement. Nous proposons donc que 50 % de ces pinèdes aient une superficie de 400 ha (valeur modale des répartitions typiques produites par les incendies) et que les autres aient une superficie d'au moins 20 ha.
Il est relativement facile d'intégrer aux calendriers d'exploitation des dispositions concernant la composante mûre et surannée de la forêt dans le cas d'une espèce à vie courte comme le sapin baumier, dont les sujets finissent par mourir d'eux-mêmes dans les peuplements équiennes. Il en est autrement dans le cas de communautés à vie longue, comme les pessières rouges. L'étude de carottes prélevées dans des épinettes rouges du parc national Fundy a révélé la présence de sujets de 300 ans dans les ravins côtiers. Ces pessières peuvent être considérées comme mûres lorsqu'elles atteignent un âge où il y a présence d'arbres pourrissants de fort diamètre offrant des cavités. Il faudra des études de terrain supplémentaires pour que nous puissions établir à quel âge cette situation se produit généralement dans le GFE. Pour le moment, nous recommandons que la plage de maturité des pessières rouges corresponde aux âges de 80 à 300 ans. Il faudra donc conserver 12 % de ce type de communauté à l'intérieur de cette plage et maintenir, dans les secteurs ainsi préservés, 20 % d'arbres d'âge supérieur à 150 ans. Dans le cas des peuplements mixtes, le début de la plage de maturité devra correspondre à l'âge de maturité normal de l'espèce atteignant ce stade le premier. Par exemple, un peuplement mixte renfermant du sapin baumier sera considéré comme mûr lorsque ses arbres atteignent 60 ans.
Dans le cas d'une forêt exploitée par jardinage, la catégorie vieux peuplement doit être définie en fonction de l'âge mais aussi en fonction de la fermeture du couvert. Nous recommandons que les vieux peuplements soumis à la règle des 12 % présentent une fermeture minimale de 60 % et que 20 % de ces peuplements présentent une fermeture minimale de 80 %. Cette dernière disposition est particulièrement importante dans le cas des peuplements de feuillus tolérants.
Directives pour:
Taille des îlots
Connectivité
Âge des peuplements Dispositions concernant la composante mûre de la forêt
Intégration de la maturité aux calendriers d'exploitation
Plantations
Conversion des peuplements
Chemins
Aires protégées
Zones tampons en bordure des cours d'eau
Considérations sur lhabitat despèces particulières
Essences à statut particulier
Débris ligneux grossiers
Conservation des chicots et des arbres à cavités
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Information provided by:
Dr. Graham Forbes
Faculty of Forestry and Environmental Management at UNB
Last Update: Dec 17, 1997
This document: http://www.unb.ca/web/forestry/centers/cwru/fmature.htm